Comment dire ?

Sans titre« Nous n’appartenons pas à une famille de cirque et nous essayons de ne pas trop revendiquer. Ça fait des clans, des catégories. Mais dans le cirque il y a des troupes, des spectacles, des gens que l’on admire, et quand on nous dit que l’on est un peu de la même famille, ça nous touche.

Le cirque se tient loin des codes et des références. Le cirque n’est pas académique comme le théâtre et la danse, il est donc risqué de vouloir à tout pris le distinguer, le nommer, l’analyser ; le cirque est loin de tout ça ; il n’est pas consciencieux. Le chapiteau, le cercle, les numéros font partie du cirque; c’est aussi ça qui le rend magnifique.

Beaucoup de choses nous touchent, surtout dans l’art, mais pas que. Ça nous émeut, ça titille notre âme d’enfant, alors bien sûr ça nourrit, mais pas que le travail du moment que ça touche d’une façon ou d’une autre.

Le corps, on lui tire sur la gueule, on le tord, on le bleuit, il est mâché. C’est rude, entre la route, les montages, les spectacles, l’exigence de la piste, le risque de la blessure, la chute. Pour que ça le fasse, il ne faut pas le ménager. C’est ça le cirque et c’est ça qui est bon.

On a envie que ce soit simple, évident, exigent, rotor, que ça surprenne, que ça grince, que ce soit bien tordu, qu’il y ait du bizarre, que ça fasse peur, que ce soit terriblement bouleversant, que ça touche, que ça inquiète, que ça raconte. On veut que ce soit drôle, spectaculaire.

On a envie de montrer notre cirque, montrer de la prouesse physique tout en faisant l’éloge de la maladresse.

Du chapiteau, de la façon de vivre, des camions jusqu’au spectacle, on veut faire du cirque ».

 Bonaventure & Titoune
Créateurs et artistes du Cirque Trottola

 

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